LA PUISSANCE ET LE POUVOIR DU RAPPEL POUR MAITRISER LE LACHER : UNE HISTOIRE DE COMMUNICATION.

 

 

 

             Le chien aime flairer, gambader, jouer, découvrir de nouvelles odeurs et se découvre des talents d’explorateur. Quoi de plus naturel qu’un chien qui va à la découverte de ce monde d’odeurs. Nous n’avons pas la même capacité à nous déplacer aussi vite. Et notre puissance olfactive(1) est bien ridicule face à la prouesse du canidé dans ce domaine. Comme si nous vivions dans deux mondes parallèles, notre perception est bien différente. Le résultat est que Toutou s’éloigne très vite de nous, et perdons alors tous nos moyens pour tenter de le garder à vue. Attaché, nous privons le chien de tout plaisir de gambader. Alors comment lui offrir cette liberté ?

 

             Le suivi naturel :

 

            Le chien étant domestique, il dépend de nous. Cela fait bien longtemps que notre « canis-familiaris (2) » compte sur l’homme pour être nourri. Il s’en est d’ailleurs rapproché par intérêt ! Nous pensions qu’il nous aimait ? A sa façon certes, disons qu’un attachement se crée réciproquement et que nous nous apprécions mutuellement. Mais ne sortons pas du sujet. Nous représentons à ses yeux la ressource primaire pour sa survie : la déesse Croquette !!

 

             Si vous vous promenez dans la forêt, ou autres sentiers qui ne présentent aucun danger pour que le chien puisse gambader en totale liberté (loin des routes et autres dangers pour lui-même), observez le pépère flâner. Il vous surveille ! C’est lui qui fait attention à ce que vous ne prenez pas la poudre d’escampette. S’il marche devant vous, tous les dix, vingt mètres, il se retourne vérifiant si vous suivez. Faites l’expérience de faire demi-tour discrètement. Dès que le chien s’en rend compte, il revient en courant vers vous. Il ne veut pas vous perdre ! Vous êtes important à ses yeux.

 

             Seulement voilà : sur le chemin, il peut trouver plus intéressant que vous. Et comme le chien est un opportuniste, il ira toujours là où c’est le plus attrayant.

 

             Un lapin surgissant de son terrier devant la truffe de notre chasseur, se met à bondir de droite à gauche comme une fusée. Je parie que votre chien ne reste pas en place. Ou alors il faudrait que vous soyez plus intéressant que Pinpin et sa petite queue toute blanche repérable à distance pour que Pitou y renonce. C’est dans ces situations qu’il va falloir user de stratagèmes pour intéresser le chien et réellement travailler le rappel.

 

          Se rendre plus intéressant que son environnement :

 

             Il sera très difficile de contenir le chien en cas de rencontres aléatoires. Il faut essayer « d’anticiper ». Je sais, pas facile, d’où les guillemets. En anticipant, nous pouvons détourner le chien sur une autre action ou occupation.

 

             Le rappel doit toujours se faire au bon moment. Si vous laissez partir votre chien vers un congénère, il sera tellement fixé sur lui qu’il ne vous entend plus. Vous croyez qu’il est têtu ? Non, son sens olfactif est tellement sur l’autre chien qu’il en oublie ses autres sens. Il ne peut plus vous entendre. Votre rappel est alors tardif et inutile. Il faudra profiter d’un moment où il sera plus ouvert pour le rappeler. Et même s’il revient tardivement, ne le grondez jamais. Au contraire, faites lui la fête car il revient. Il prendra goût à revenir s’il vous voit enjoué à chacun de ses retours.

 

La promenade silencieuse

 

            Qui ne s’est jamais promené dans les bois, perdu dans ses pensées, profitant d’être à l’écoute de la nature ? Cela m’arrive souvent. Et encore plus souvent en compagnie de mes chiens. Parfois je suis en balade avec deux, trois, quatre chiens. Ensemble, sans un mot, nous profitons de la balade, nous sommes à l’écoute, chacun avec nos sens. Et aucun de mes chiens ne s’éloigne de plus de trente mètres.

 

             Si je dois être inquiet, appeler l’un d’entre eux parce que je ne le vois plus, je communique mon stress, et la promenade est moins agréable. Si je n’interviens pas, que ce soit en gestuel ou par la voix, mon chien sera plus apaisé par cette balade silencieuse. L’expérience est bonne à faire.

 

             Si le chien est un peu loin, appelons-le une fois : « Pitou ! Viens au pied ! ». L’appeler cinquante fois ne sert à rien et il y a de fortes chances qu’il ne revienne pas ! Autant de fois nous l’avons appelé, autant d’échec qu’il ne soit pas revenu du premier coup. Et le chien s’habitue à cela. En résumé, plus nous l’appelons, moins il reviendra.

 

             Drôle de conclusion que cette dernière phrase pour traiter du rappel. En fait, comprenons qu’il faut l’appeler au bon moment afin de ne pas le mettre en situation d’échec. Attendre les petits moments propices pour capter son attention et l’appeler au moment opportun. Sachons aussi comprendre ses plaisirs et désirs en balade, bien différents des nôtres. N’est-ce pas là où commence le respect que nous avons pour lui ?

 

Apprendre à écouter et à observer. Lui, fait de même sans que vous ne le remarquiez.

 

 

Jean-Dominique Brasseur

 

 

(1)     Relatif à l'odorat, à la capacité de sentir les odeurs et les essences aromatiques. Le sens olfactif est l'un des cinq sens des êtres vivants. Le sens olfactif de l’homme est très faible en comparaison de celui du chien.

(2)      Qui désigne la famille des chiens domestiques.

 

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