Le chien est une espèce sociale. Il a besoin d’interactions nombreuses et variées au cours d’une journée. La solitude est un stress : comment apprendre au chien à gérer son stress et sa frustration ? Il est possible de le rendre tolérant à la solitude à conditions qu’il ait l’occasion, en parallèle, de se dépenser intensément.

Dès  l’arrivée  du  chiot,  repérer  son  tempérament,  dépendant  de  l’humain  ou  très indépendant. Couine-­t-il dès qu’il est seul dans une pièce, ou continue-­til de flairer partout et de découvrir son environnement quand vous quittez la pièce ? 
En fonction de ce tempérament de base, l’action du maître sera différente.

Commencer dès l’arrivée du chiot, en évitant d’être toujours « sur » lui. 
Alterner des moments de demande d’attention et des moments où l’on ignore le chiot. Avec  le  programme  « rien  n’est  gratuit »,  le  chien n’obtient une caresse que si il a effectué une bonne réponse à un signal envoyé par le maître. Donc ignorer les demandes gratuites de câlin.
Les  moments de jeux et d’interactions ludiques intenses doivent être organisées et prévisibles et non en réponse spontanée aux sollicitations du chiot.

Promener et fatiguer le chien au moins deux heures par jour pour espérer pouvoir le laisser seul plusieurs heures.

Faire travailler le chien, le faire promener, le faire jouer par des personnes différentes étrangères au foyer afin que le chiot ne se focalise pas uniquement sur sa famille. Confier le chien à diverses personnes pour le faire garder. Stimuler les rencontres avec les congénères et toutes les interactions sociales pendant que le maître s’éloigne du chien.

Au début, éviter de partir toute la journée, dès le lendemain de l’adoption. Le stress serait tellement important qu’il pourrait déclencher un traumatisme. Réaliser des absences courtes puis progressivement plus longues pour créer une habituation.


Les départs peuvent faire l’objet d’une ignorance du chien afin de les banaliser. Sortir et rentrer  sans  faire  attention  à  lui,  plusieurs  fois  par  jour.  Sortir  sans  préparatifs (manteau, chaussures, sacs) et faire des préparatifs sans sortir, afin de ne pas stimuler la vigilance et l’inquiétude du chien. 
Les départs peuvent aussi faire l’objet d’un rituel apaisant pour le chien à condition qu’il le perçoive comme réellement positif, comme un  os à ronger longuement, un Kong rempli  d’aliment, un jouet particulièrement apprécié ou un doudou à materner en l’absence des maîtres. Ce type d’habitude permet au chien de rendre l’absence prévisible et de diminuer le stress de l’inconnu. Le chien, en recevant l’objet apprécié, sait que le maître part puis revient. 

Sachez en premier lieu lui offrir une qualité de vie qui lui permettra de supporter la frustration. En clair, si votre chien a couru deux heures avec des congénères, il sera paisible et acceptera mieux la frustration de rester seul par la suite.

Essayer de démarrer cet apprentissage dès son premier jour à la maison, mais soyez bien conscient qu'il est extrêmement difficile pour un chien anxieux d'accepter une frustration.

Sachez repérer le rythme de votre chien. En général, un chien aime se reposer ou dormir après avoir mangé, après s'être dépensé physiquement ou mentalement, après avoir joué, après avoir fait un long câlin apaisant... C'est le moment de le laisser un peu seul sans rien faire. Le meilleur truc est d'attendre qu'il s'assoupisse et de s'esquiver alors le plus discrètement possible. C'est en général très facile avec un chiot de deux à trois mois, qui a besoin de périodes de repos très fréquentes après s'être dépensé ou avoir été stimulé.

Sachez utiliser chaque fois que nécessaire des outils d'enrichissement. Pour votre chien, la problématique n'est pas tant de rester seul que d'avoir quelque chose à faire. Prenez l'habitude de lui laisser des choses à faire et, pour cela, aidez-vous des jouets éducatifs qui distribue de la nourriture en l'absence de l'homme (balles et soucoupes distributrices de croquettes, cylindres en caoutchouc creux à mâcher, bouteille en plastique vide dans laquelle on a percé des trous et mis des croquettes...).

Sachez être progressif dans l'apprentissage des frustrations : il faut d'abord se satisfaire d'un chien qui sait rester seul cinq minutes. Un chien dont les besoins de base sont assouvis et dont l'apprentissage de la frustration a été bien conduit est capable de rester seul ou de ne rien faire de longues heures d'affilée.
Si l’absence est longue (plus de 8 heures par jour), ne pas hésiter à confier le chien à une « crèche pour chiens » ou une « dog sitter ». Il  est normal qu’un chien ne puisse supporter une absence de plus de 8 heures. Dans ce cas, il ne faut pas chercher à l’habituer. Seule un mode de garde adapté peut constituer la bonne solution.