Présentation - Version longue

                                Je m’appelle Jean-Dominique Brasseur. Je ne vais pas décrire les multiples aspects de mon CV. On va quand même essayer de faire bref car le but est de me présenter et non pas de rechercher un emploi. Sauf si vos monstres décident de me manger tout cru ! Dans ce cas je n'ai plus rien à rechercher ni à prouver ;-) Mais faites moi confiance, on évitera d'en arriver là.

                                Les animaux ont toujours marché à côté de moi m'accompagnant depuis ma petite enfance jusqu'à l'aube de la cinquantaine. Mon imprégnation personnelle s'est établie autour des chats, des poules, des lapins et des cochons d'inde. Le chien est venu plus tard. Nous étions quatre frères et sœurs pour deux chats (généralement des noirs et blancs) qui passaient leurs nuits blottis sous les couvertures des enfants que nous étions. Ronronnant comme des locomotives, nos nuits ont été bercées par ces ron ron continus dans une banlieue bordelaise assez calme. Mes parents venaient de la campagne du nord (des ch'ti) et n'ont jamais  perdu ce plaisir de partager les petits moments de vie avec de petits êtres que l'on pouvait chérir, peloter et caresser à longueur de temps. Évidemment les lapins et les poules, c'était pour la casserole. Bon je reconnais que quand on avait Gaston dans l'assiette, ma jeune sœur n'en savait rien, il ne valait mieux pas. Et oui, nous possédions chacun un lapin pour lequel nous avions la responsabilité de nourrir ainsi que de nettoyer son clapier.  Nous leur donnions donc des noms. Imaginez le traumatisme de ma petite sœur de 5 ou 6 ans, découvrant qu'il s'agissait de SON lapin gisant au milieu d’une sauce aux champignons que ma mère savait si bien préparer. C'est plus tard qu'elle a compris pourquoi nous les nourrissions si bien. Les poules n'étaient là que pour les œufs, et le coq pour énerver le voisin ronchon ! Et oui, la banlieue de Bordeaux, ce n'est pas la campagne. Certes, nous avions un jardin de 100 m2 à vue de nez d'enfant, mais les maisons voisines étaient mitoyennes.

                                Dans la ferme du nord, dans sa jeunesse, ma mère possédait un chien de garde, je ne saurais dire la race car je n'ai jamais vu de photo, mais de par la description, il devait s'agir d'un Malinois. Suite à un drame familial que je ne décrirai pas ici, le chien s'est laissé mourir (je vous vois arriver avec votre anthropomorphisme). Dans tous les cas je ne chercherai pas à analyser un trouble comportemental du passé. Mais on peut comprendre aisément la réticence de ma chère maman à reprendre un chien plus tard. Ce fût mon plus grand désespoir d'enfant que j'étais.

                             L'enfant a grandi, des générations de chats sont passées et je me suis tourné vers la musique. 18 ans, guitariste chanteur et compositeur. Nos parents nous avaient donné l’opportunité d'étudier la musique très tôt au conservatoire. Mais ils ne s'attendaient pas à ce que cet art devienne une passion à l’adolescence. Seulement voilà, entre la musique du conservatoire et celle de l'adolescence, il y a non pas un fossé mais un gouffre. Répétitions avec les copains dans le garage, les décibels ont fleuri le quartier. Et le voisin qui se plaignait du coq, est devenu je crois, nostalgique du cocorico du matin. Mais je m'éloigne du sujet car là ou je veux en venir, c'est qu'à un âge où on commence à vivre de ces propres ailes encore chez maman, certaines choses allaient pouvoir se concrétiser...  C'est là qu'arriva Chamallow !

                        Un Montagne des Pyrénées, mon premier toutou. Chamallow a partagé un bout de ma vie, des liens très forts se sont tissés entre nous et nous n'avions besoin de personne pour nous comprendre. Nous étions comme cul et chemise. Je n'ai peut-être pas fait tout ce qu'il fallait, je n'étais point un professionnel de la communication "homme-chien" mais par contre nous avions une grande complicité. Dans mes souvenirs, j'avais l'impression de le découvrir tous les jours et vice versa. Les années ont passé, Chamallow s'en est allé. Je ne suis jamais devenu une rock star, je suis donc retourné sur le banc des écoles et suis devenu enseignant auto-école et à la sécurité routière au milieu des années 90. Laissant derrière moi une quinzaine d'années de statut d'intermittent du spectacle. 10 années s'écoulèrent assis dans une voiture auto-école pris dans l'engrenage infernal du boulot - dodo avec des semaines de travail très chargées sans autre compagnons que le stress et la routine.

                             Puis vint une rencontre en Dordogne, j'ai donc vendu la petite maison que je rénovais pour m'installer dans un moulin à retaper à la campagne proche de Périgueux avec un terrain immense. Puis c'est avec ma nouvelle amie que nous avons commencé à récupérer différents animaux soit abandonnés, soit mal traités. Le premier fût Chance, un Langhaar (chien d'arrêt Allemand à poil long). Un pauvre toutou qui passa ces quatre premières années attachées à une chaine au fond du jardin sans que personne ne veuille lui prêter attention. Il était méchant, à 6 mois il avait tué une poule ! C'est avec ce chien que je suis allé voir un éducateur canin pour la première fois. On a juste travaillé de l'éducation de base mais ça nous a fait du bien pour communiquer ensemble. Cependant, il avait d'autres soucis comportementaux. Il était craintif, avait perdu sa capacité olfactive et avait très peur de l'eau (il avait dû se prendre des bassines d'eau en guise de punitions). C'est en tout cas à ce moment qu'un déclic s'opéra et qui m'est venu cette passion de l'éducation et de la communication avec le chien. Le second chien fut récupéré par le biais d'une association, une Retriever Flat Coat fugueuse à tel point qu'à ses deux ans, elle était déjà passée par les mains de quatre propriétaires différents. Inutiles d'imaginer les renforcements involontaires que cette chienne a dû subir à ses retours de fugue ! Dora, elle s'appelait Dora. Mais vous allez me dire (comme dirait un certain collègue), avec un nom pareil, c'est pas étonnant.

                              Ensuite est arrivé Bébel (diminutif d'un nom à rallonge d'élevage). Une mamie Yorkshire à la retraire après avoir eu beaucoup de portée dans un élevage. Je ne sais plus son âge mais voila bien plus de 6 ans que nous l'avons. et elle se porte à merveille. Flash, un magnifique Border Collie de 8 mois a fait un bref passage au moulin mais il courait avec les chats dans la maison ! invivable, imaginez Tom et Jerry se courant après à longueur de journée. A l'époque, je n'étais pas éducateur mais aujourd'hui, je vois les problèmes sous un œil différent. Quand ma belle fille s'est retrouvée en troisième, dans le cadre scolaire, un stage d'une semaine lui est proposé en entreprise. Elle a choisi, à ce moment là d'effectuer ce stage dans un salon de toilettage pour toutou. Au cours de cette semaine, elle fit la connaissance d'une jeune maman qui, vivant en appartement avec sa petite fille de 2 ans, pris la décision d'acheter un Labrador chocolat magnifique.. Dès le premier mois d'acquisition de ce chiot, elle s'est vite rendu compte que ça allait être très compliqué pour le futur. Nous l'avons donc réceptionner au moulin. Elle répondait au doux nom de Faustine que l'on a vite changé en FARWEST.

                            Aujourd'hui en 2016,  Farwest a 6 ans et elle serait, au dire d'un certain formateur ancienne génération dont je sors d'une formation d'éducation canine des plus déplorables (méthodes coercitives), exceptionnelle ! Et pourquoi donc cette réflexion me direz vous ? Et bien tout simplement parce-qu'avec elle, je ne pratique que la méthode douce avec des renforcements positifs sans aucune sanction derrière. Ce qui parait improbable au vu de certains. Je remercie au passage ce formateur qui m'a donné la hargne pour me battre contre ces méthodes qui ne respectent absolument pas le chien et ne font que les briser en terme de comportement. Méthodes de contrainte et de rapports de force dominant / dominé auxquels s'adonnent encore beaucoup d'éducateurs. La méthode que j'utilise va mettre en avant la complicité du chien pour apprendre. Ce doit être agréable pour le chien comme pour vous et les liens se renforcent.  En l'espace de 3 mois, Farwest a appris à faire la belle, dire bonjour en levant la patte, revenir en courant vers son maître avec un mot déclencheur comme "STOP", faire le salut sur commande (la révérence qui est la position d'invitation au jeu), faire la morte, rouler sur le sol à droite ou à gauche, tourner, se cacher la truffe entre les pattes, slalomer entre les jambes, sauter des obstacles, monter sur mon dos, croiser les pattes à droite ou à gauche, ramper, et j'en passe. Avec Farwest, la promenade est apaisée avec ou sans laisse pour profiter de cette détente comme il se doit. Ces promenades se transforment en moment privilégié.

                              Nous sommes en avril 2018. Stella a rejoint la troupe, ça fait déjà un an. Une flat coated retriever qui est fortement réactive sur les petits chiens et qui, pour cette raison, a failli être euthanasié. Nous l'avons récupéré et sommes au bon soin avec elle, tentant de la désensibiliser, ou en tout cas, lui offrir un maximum de bien-être pour que son comportement s'adoucisse.

                              Nishka est mon premier chiot. La tentation était trop forte. Comment guider et conseiller mes clients sur les difficultés que l'on rencontre avec un chiot à la maison si je ne le vis pas moi-même en immersion ? Une fifille Labrador chocolat d'un tempérament de feu, je crois qu'en terme de chiot, je ne pouvais pas avoir mieux (la plus terrible de toutes). Je peux enfin dire à mes clients : "je vous comprend !" Maintenant elle a 10 mois, le plus terrible est passé et je suis fier d'être parvenu à rester en positif jusqu'ici (ça n'a pas été simple tous les jours).

                                Farwest a 8 ans, toujours aussi calme et attentive. Elle a commencé sa première expérience en médiation animale. Elle est allée en contact avec une jeune autiste de 8 ans à qui elle a donné le sourire lors d'une brève rencontre de 45 minutes. c'était magique et il y aura une suite.

                              Mes formations et séminaires s'enchainent. Afin d'élargir mes connaissances éthologiques et éducatives, j'ai participé au DogEvent 2017 pour enrichir mes acquis auprès des plus grands professionnels internationaux en méthodes positives. je remet ça pour la saison 2018. J'ai également suivi la formation de Chantal Hazard pour intervenir dans les écoles primaires et maternelles et centre de loisirs pour la prévention contre les morsures (programme PECCRAM). L'année 2018 a été marqué par une formidable formation sur la désensibilisation à la phobie du chien dispensée par Aurélie et Emmanuel Frérou. Les cynophobes vont pouvoir enfin se débarrasser de leur encombrante peur panique du chien.

          Nul ne peut rester statique sur les acquis. Chaque jour qui vient enrichit notre expérience et remplit nos bagages de savoir. Hier j'étais compétent, demain je le serai davantage...